dimanche 17 janvier 2016

Un Goût de Cannelle et d'Espoir

 
 
Un Goût de Cannelle et d'Espoir
Auteure: Sarah McCoy
Edition: Pocket
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par: Anath Riveline
Nombre de pages: 512
 
Quatrième de Couverture
 
Allemagne 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l'armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance. Jusqu'à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps...
Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie allemande, celle d'Elsie... Et le reportage qu'elle prépare n'est rien en comparaison de la leçon de vie qu'elle s'apprête à recevoir.
 
Mon Avis
 
En 1944, en Allemagne, Elsie travaille dans la boulangerie de ses parents. Confrontée chaque jour à la guerre, elle suit un train de vie compliqué mais reste, en début de roman, une adolescente insouciante. Mais entre son patriotisme, celui de ses parents, de sa sœur et de la réalité qui prend peu à peu place dans son esprit, la jeune femme va être obligée de changer dans un court laps de temps. Lorsqu'elle recueille Tobias, petit garçon juif, elle évolue entre le stress constant d'être découverte - et donc de se faire tuer et mettre en péril la vie de sa famille - et l'appréhension de ce que le futur lui réserve.
En parallèle de cette histoire, nous en découvrons d'autres, dont principalement celle de Reba, en 2007, qui cherche à faire un reportage sur les traditions de Noël des pays étrangers. Elle entre dans la boulangerie allemande d'Elsie, à El Paso, et fait la connaissance de la fille de celle-ci: Jane. Entre les femmes, le courant passe tout de suite et Reba va rendre un article différent de celui qu'elle prévoyait d'écrire. Mais cela ne concernera pas directement l'histoire d'Elsie pendant la guerre.
 
Le fait que ce roman regroupe les histoires de plusieurs protagonistes m'a un peu dérangée. Je n'ai pas pu en profiter comme je l'aurai souhaité. J'ai parfois eu l'impression qu'il n'était pas forcément nécessaire de connaître le point de vue de tel ou telle personne. La construction aléatoire du récit (nous sommes en 1944, puis en 2007, de nouveau en 1944 avant d'aller faire un tour du côté de 1939...) m'a même gênée puisque, à plusieurs reprises, j'ai dû retourner quelques chapitres plus tôt afin de me remettre la chronologie en tête.
Ceci dit, les histoires des uns et des autres sont intéressantes. Celle d'Elsie est forcément émouvante: le temps consacré à sa relation avec l'enfant qu'elle cache, Tobias, étant le fait le plus intense du roman. Ce petit garçon est des plus réussi, attendrissant, on a envie de le protéger. Il y a également le récit de la vie de Hazel, la sœur d'Elsie, qui est déconcertant. La jeune femme subit de nombreuses épreuves et se porte volontaire pour entrer dans un Lebensborn (pour ceux et celles qui ne le savent pas, un Lebensborn était un centre associatif de conceptions d'enfants de race Aryenne "parfaite" durant la seconde guerre mondiale). On la découvre au travers de quelques lettres qui sont vraiment troublantes à lire.
Il y a également le fiancé de Reba, Riki, garde-frontière, et Sergio, l'amoureux de Jane, mexicain sans visa. J'ai eu l'impression que l'auteure tentait une comparaison entre ce qui se passe à la frontière Mexique-Etats-Unis et ce qui s'est déroulé durant la seconde guerre mondiale. C'est un sujet sensible, et je ne suis pas certaine que c'était approprié. Le message est entendu et compris, mais ce n'est pas vraiment comparable... Par contre je serai intéressée de lire un roman à part entière traitant de ce sujet.
 
 Le décor étant une boulangerie-pâtisserie, les pages se dégustent comme des gâteaux ou des petits pains tout juste sortis du four sur lesquels on étale du beurre ou de la confiture de cerise (l'auteure nous abreuve de noms et de descriptions qui m'ont fait saliver !). Rien que de taper ces mots, j'en ai l'eau à la bouche ! Et devinez quoi... Il y a les recettes à la fin du roman ! De belles heures de gourmandises m'attendent en perspective... ^^
 
J'ai eu de grandes attentes pour ce roman et n'ai pas été autant émue que je ne m'y attendais. Mais le tout reste intense, il y a des scènes parfois très éprouvante, des pensées déstabilisantes (voire incompréhensibles, mais il est toujours difficile de se mettre à la place de personnages qui évoluent dans un contexte qui nous est hors de portée), le tout dans un condensé intéressant.
Un roman que je n'ai pas adoré mais qui contient une histoire magnifique.
 
 
 
Citations:
 
* Les gens se languissent souvent de choses qui n'existent pas, des choses qui ont été, mais ne sont plus.
 
* - Nous sommes tous humains, Reba. De simples hommes.
- Les hommes se trahissent.
 
* En dépit de tous les faits que nous pensons connaître, la vérité peut être une chose incroyablement difficile à saisir. Elle est embrouillée par le temps et l'humanité, et par la façon dont chacun vit sa propre expérience.
 
* Il faut arrêter d'avoir peur des ombres et accepter que le monde est fait de teintes de gris, de lumières et de ténèbres. On ne peut pas avoir l'un sans l'autre.
 
 
 
Suzy B.
 


6 commentaires:

  1. Je n'ai pas beaucoup lu de romans se déroulant à cette époque. Ou alors s'il y a une touche de fantastique. Aprés, le changement d'époque dans les livres ne m'a jamais dérangé, du moins quand c'est bien fait. Mais celui-ci ne m'attire pas trop.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en ai lu pas mal de l'époque et il m'arrive de pleurer à chaudes larmes, mais ça n'a pas été le cas ici.
      Le changement d'époque ne me dérange pas non plus habituellement, mais là j'ai eu un peu de mal.

      Supprimer
  2. Les flashbacks incessants ont tendance à alourdir ma lecture. Il y a peu de romans où j'ai apprécié le procédé. Bon des fois ça tient aussi au talent de l'écrivain :). Rien que pour les recettes à la fin du livre il me tente bien ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ca complique un peu la lecture.
      Ces recettes feront gronder ton estomac de plaisir. ;)

      Supprimer
  3. Il a l'air touchant comme roman. Par contre personnellement j'évite les romans sur la guerre... ça me touche beaucoup trop...

    Sinon la première fois que j'ai entendu parler de Truman Capote ce n'est pas à l'école mais c'était dans un film que j'adore "Save the last dance".
    Et cette été ma maman m'a donné des livres qu'elle avait et dedans il y avait celui là. Du coup j'ai eu envie de découvrir cet auteur. Mais c'est vrai que je m'attendais à quelque chose avec un peu plus de descriptions je pense...

    C'est vrai que recevoir un cercueil il y a mieux comme cadeau !
    Les cercueils sont des miniatures, les personnages ne peuvent pas entrer dedans, ils les reçoivent par la poste.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un sujet délicat.

      Oh, je crois bien avoir déjà vu ce film. Le Destin t'a envoyé ce livre alors !

      C'est vrai que ça peut vite être écœurant mais certains de ceux de ce livre ont l'air très légers et frais ! :)

      Ah mince, moi qui pensais qu'on pourrait faire une économie de frais d'obsèques... C'est raté ! ^^

      Supprimer