samedi 14 novembre 2015

Susanna

 
 
Susanna
Auteure: Gertrud Kolmar
Editeur: Farrago
Traduit de l'allemand par: Laure Bernardi
Nombre de pages: 104
 
Quatrième de Couverture
 
Auteur de recueils de poésies et de textes en prose, Gertrud Kolmar (1894-1943) a été récemment redécouverte en Allemagne, et fait désormais partie des grandes voix poétiques du XXe siècle. Son œuvre est les chant âpre et douloureux d'une âme seule. Son cousin Walter Benjamin, qui vécut comme elle une enfance berlinoise, magique et légendaire, reconnaissait en Gertrud Kolmar une sœur de cœur.
Susanna, son dernier texte, composé au cours de l'hiver 1939, met en scène les souvenirs d'une rencontre, celle d'une gouvernante et de son élève, une jeune fille très belle, mais perturbée mentalement. La tension dramatique naît de leur différence, la gouvernante étant raisonnable, apparemment insensible et étrangère aux choses de l'amour; la jeune fille, en revanche, est un être fantasque, très vivant, une sorte d'animal féerique, hors du temps... elle connaîtra un amour innocent, mais vrai. Cette confrontation, tout autant que la fin brutale du récit ressuscitent un monde en perdition et l'impuissance de l'auteur face à un avenir sans lendemain, celui des Juifs allemands.
Gertrud Kolmar a transmis toute son œuvre à sa sœur cadette, exilée en Suisse. Déportée à Auschwitz, elle meurt en 1943, quelques temps après son père.
 
Mon Avis
 
Ce récit étrange et envoûtant nous raconte une rencontre insolite entre deux femmes que tout oppose: l'âge, le vécu, la perception des choses... La première, Susanna, est différente de ce l'on attend habituellement d'une jeune femme de l'époque, elle est vive, joyeuse, entreprenante, mais surtout, elle vit dans son monde. Elle croit en ses rêves, en ses idées quelques fois saugrenues, en ses certitudes, avec une telle force qu'elle en est touchante et qu'elle parvient à nous faire croire en sa propre réalité.
La seconde, sa gouvernante nouvellement engagée et narratrice de cette histoire, semble désabusée et assiste spectatrice aux allocutions de sa protégée. Elle va apprendre à connaître, ou du moins à appréhender, l'étrange jouvencelle dont elle s'occupe de la manière qu'elle juge la meilleure. Cela se finalise de façon tragique, mais logique.
C'est un récit surprenant, dans lequel il n'est pas facile de s'immerger, et le fait qu'il soit très court ne permet pas une intégration, mais c'est intéressant et l'histoire est poétique.
Le fait que l'auteure ait écrit ce texte en une période sombre, de conflit, alors qu'elle était assignée à résidence avec son père dans un appartement collectif pour Juifs et que seule la nuit lui permettait assez de tranquilité pour coucher les mots de cette histoire sur papier, tout cela donne plus de force à cet ouvrage.
Bien que parfois curieux, ce livre a su me charmer. Mais je conseille de le lire en une fois, si possible sans faire de pause.
 
 
 
Citation:
 
* Elle n'a encore jamais désiré avoir de la compagnie et vit ainsi, solitaire, sans savoir ce qu'est la solitude.
 
 
 
Suzy.
 


4 commentaires:

  1. Totalement inconnu pour moi. Mais pourquoi pas à l'occasion. Comme c'est court, ça pourrait m'intéresser et me faire découvrir un genre que je ne lis pas souvent, voir jamais.

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    1. Oui, comme c'est court c'est beaucoup plus facile de le lire. C'est vrai que c'est un genre... Différent. ;)

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