lundi 30 novembre 2015

Macbeth; Le Roi Jean

 
 
Macbeth;
Le Roi Jean
Auteur: William Shakespeare
Editeur: Le Monde Editions
Traduit de l'anglais par: François-Victor Hugo
Nombre de pages: 287
 
Résumé
 
Archétype de la tragédie d'ambition politique, Macbeth est l'une des plus célèbres pièces de Shakespeare. Peut-être moins représentée aujourd'hui, Le Roi Jean fut également, au XIXe siècle, alors que François-Victor Hugo entreprenait sa traduction, l'une des pièces les plus populaires de l'Angleterre victorienne. Ces deux tragédies à succès réunies par François-Victor Hugo sous la thématique "Les Tyrans", renvoient à deux moments de l'histoire médiévale britannique réinterprétés par Shakespeare et traitent, dans des contextes différents, de l'usurpation du trône.
Outre l'introduction de François-Victor Hugo, vous trouverez dans ce second volume des œuvres complètes de Shakespeare, une préface de Pierre Kapitaniak de l'université de Paris VIII - Saint-Denis.
 
Mon Avis
 
C'est une très belle découverte que ces deux histoires, semblables dans les grandes lignes, mises en pièces de théâtre par William Shakespeare. Ce sont deux fresques terribles relatant un même espoir lugubre: régner, par tous les moyens.
J'ai appris dans l'introduction très complète de François-Victor Hugo qu'une superstition existe concernant la pièce de Macbeth: on ne prononce pas son nom dans un théâtre au risque de porter malheur.
Porté par ses croyances, Macbeth - le bon, courageux et vaillant Macbeth - se laisse influencer par les propos mystérieux de trois sorcières. Que n'a-t-il pas fait d'entretenir sa femme au sujet de cette rencontre impromptue et des prédictions glorieuses qu'il en a retenu ! Accusé par cette dernière de ne pas agir, il lui prouve son amour pour elle en commettant l'irréparable: le meurtre. Accablé par cet acte, il s'enlise néanmoins dans le mensonge, la trahison, la mort, et devient tyran. Les années passent sans que cela soit mentionné et Macbeth se perd dans sa propre folie. La fin est précipitée et il termine grand, mais misérable en lui-même.
La pièce de Macbeth est plus expédiée quand Le Roi Jean s'attarde plus sur les détails. Le début de cette seconde pièce m'a moins conquise, pourtant ce sentiment s'est vite évanouit.
C'est une véritable guerre de souveraineté qui est engagée entre le Roi Jean, qui gouverne l'Angleterre, et Philippe, Roi de France, qui protège Arthur, héritier légitime de la couronne d'Angleterre poussé par sa mère à réclamer ce qui lui est dû. Mais les trahisons mènent la danse, que dis-je ? un ballet !
L'affrontement verbal des femmes est très intéressant à lire, la petite tirade (que vous pouvez retrouver dans les citations ci-dessous) empreinte de douleur que déclame Constance, qui voit son enfant Arthur fait prisonnier et - elle le sent - certainement condamné à la mort est bouleversante !
Le personnage de Philippe Faulconbridge, dit le Bâtard, m'a beaucoup fait rire par sa fougue qui apporte une légèreté bienvenue à cette sombre histoire.
Jean, lui, est foncièrement mauvais mais on a l'impression qu'il ne s'en rend pas compte. Il se repend trop tardivement de ses erreurs et autres fourberies.
Quand Macbeth ose de sa propre main son premier crime, le Roi Jean engage des assassins pour se déresponsabiliser. Le premier regrette immédiatement son acte, mais cela le rend-il plus louable ? Sa peine, ses regrets, en sont-ils plus sincères ? Difficile d'être juge impartial devant la folie de l'Homme en quête de toujours plus de pouvoir.
Le Roi Jean, l'une des moins interprétées des pièces de Shakespeare, ne mérite pas un tel délaissement et je vous conseille vivement de lire ces œuvres intenses et puissantes que j'ai grandement appréciées.
 
 
 
Citations de Macbeth:
 
* Banquo à Macbeth - Souvent, pour nous attirer à notre perte, les instruments des ténèbres nous disent des vérités; ils nous séduisent par d'innocentes bagatelles, pour nous pousser en traître aux conséquences les plus profondes.
 
* Duncan - Il n'y a pas d'art pour découvrir sur le visage les dispositions de l'âme.
 
Citations du Roi Jean:
 
* Philippe montrant Arthur - Comment se fait-il donc que tu sois appelé roi, quand le sang de la vie bat encore dans ces tempes à qui est due la couronne que tu t'arroges ?
Le roi Jean - De qui donc, France, tiens-tu ce haut pouvoir d'exiger de moi une réponse à tes questions ?
Philippe - De ce Juge suprême qui fait naître au cœur d'un pouvoir fort la bonne pensée d'examiner les taches et les affronts faits au droit. Ce Juge m'a fait le gardien de cet enfant: c'est avec sa sanction que j'accuse ton forfait, et par son aide que je prétend le châtier.
Le roi Jean - Fi ! tu usurpes l'autorité.
Philippe - Excuse... j'abats un usurpateur.
 
* Le Batârd - L'Intérêt, cet égarement du monde ! Le monde, bien équilibré, se mouvait en ligne droite sur un terrain aplani, quand l'Intérêt, cette infime pierre d'achoppement qui fausse toute impulsion, l'a fait dévier de son cours impartial, de sa direction, de son élan, de sa ligne, de son but !
 
* Constance - Je ne suis pas folle ! Ces cheveux que j'arrache sont à moi; mon nom est Constance, et j'étais la femme de Geoffroy; Arthur est mon fils, et il est perdu. Je ne suis pas folle... Plût au ciel que je le fusse ! car alors il est probable que je m'oublierais moi-même ! Oh ! si je pouvais l'être, quel chagrin j'oublierais ! Prêche-moi une philosophie qui me rende folle, et tu seras canonisé, cardinal; car, tant que je ne suis pas folle, tant que je suis sensible à la douleur, ce qu'il y a en moi de raisonnable m'explique comment je puis être délivrée de tant de maux, et me conseille de me tuer ou de me pendre. Si j'étais folle, j'oublierais mon fils, ou je le prendrais follement pour une poupée. Je ne suis pas folle: je ressens trop bien, trop bien, les tortures variées de toutes mes calamités.
 
* Pandolphe - Que vous êtes peu mûr et novice pour ce vieux monde !
 
 
 
Suzy B.
 


3 commentaires:

  1. Et dire que je ne pourrais même aps voir MacBeth au ciné (le mien ne le diffuse pas). Mais moi qui ne me suis jamais intéressé à Shakespeare en dehors des adaptations, tu m'a donné envie. Surtout pour MacBeth mais du coup je tenterais peut-être Le roi Jean aussi

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    1. Mon cinéma m'a fait le même coup... C'est vraiment dommage, en attendant il y a toujours l'adaptation de Orson Welles à découvrir. L'as-tu vue ?
      Je pense que lire ces œuvres te plairait bien. A voir. ;)

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    2. Non, je ne l'ai pas vu. Probablement que je la verrai un jour mais j'achéterai le Blu-Ray du dernier dés sa sortie de toute façon !

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