dimanche 2 août 2015

Héritage

 
 
Héritage
Auteur: Nicholas Shakespeare
Editeur: Editions France Loisirs
Traduit de l'anglais par: Karine Lalechère
Nombre de pages: 424
 
Quatrième de Couverture
 
Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire ? C'est ce qui arrive à Andy Larkham, employé sans avenir que sa fiancée vient de quitter. Se rendant à l'enterrement d'un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste, en compagnie d'une étrange vieille dame, aux funérailles d'un certain Christopher Madigan. Lequel avait stipulé, dans son testament, que seules les personnes présentes à la cérémonie hériteraient de sa fortune. Du jour au lendemain, la vie d'Andy bascule. Que se passe-t-il lorsqu'on se retrouve soudain à la tête de 17 millions de livres sterling ? Pris de scrupules face à ce coup du hasard, Andy décide d'enquêter sur son mystérieux bienfaiteur. Qui était Madigan ? Pourquoi a-t-il déshérité sa fille ? Quels autres secrets Andy va-t-il découvrir ?
 
Mon Avis
 
Nicholas Shakespeare nous livre un récit complet avec une belle écriture, précise. On est embarqué dans la vie d'Andy le jour où il se rend à l'enterrement du professeur Furnivall, un homme qui l'a marqué et a compté dans sa vie désordonnée. Seulement, la pluie bavant sur le faire-part de décès, Andy se trompe de chapelle. Dès lors, il se retrouve dans une situation complexe... Doit-il accepter un héritage qu'il ne mérite pas alors que la mystérieuse Jeanine, fille du défunt Christopher Madigan, ne touche rien d'autre qu'un fidéicommis ? La noblesse d'âme d'Andy l'incite à refuser tandis que son meilleur ami David le persuade d'accepter le sort du Destin.
A partir du moment où il accepte de toucher cet héritage, le personnage principal a parfois presque un rôle de anti-héros. On le suit dans ses choix qui ne sont pas toujours les bons, mais c'est l'essence même de la vie, non ? Se tromper pour mieux avancer. Il lui arrive donc d'être antipathique (mais seulement dans une partie du récit). Néanmoins, on prend plaisir à rester à ses côtés et à découvrir, en même temps que lui, le dénouement de cette intrigue plutôt hors du commun.
Les flashbacks racontant l'enfance d'Andy sont assez mal intégrés, je trouve, mais ceux concernant la vie de Christopher Madigan - qui représentent la majeure partie de ce roman - sont logiques et maîtrisés. Les destins des deux protagonistes, Andy et Madigan, ne sont ni liés, ni semblables. Et pourtant, Nicholas Shakespeare arrive à y instaurer une forte complicité et un étrange climat de confiance. L'alternance entre les points de vues sous lesquels l'histoire est présentée est superbe et intrigante. Le défaut de ce roman: il est agrémenté de (trop) nombreuses références à des noms de flore (la mère du héros étant passionnée de jardinage), de musiques et de citations (notamment de Montaigne), qui n'avantagent pas le récit et sont plutôt inutiles. Malgré quelques longueurs, cette histoire est très bien menée, j'ai beaucoup aimé cette lecture.
 
 
 
Citations:
 
* Le bonheur que l'on n'a pas gagné n'est pas le bonheur.
 
* Tu ne trouves pas bizarre que les mots les plus communément associés à "humanitaire" soient "catastrophe" et "désastre" ?
 
* Je suis curieux de savoir qui était l'enfoiré qui a fait de toi un enfoiré.
 
* Il marque les jours. Il les compte comme des perles.
 
* Qu'Est-ce que ça veut dire ? Il ne faut pas essayer de l'expliquer, Nazareth. Ce mystère qui t'es insupportable est notre essence. [...] Tu me demandes ce qu'Il est. Je ne peux que te dire ce qu'Il n'est pas. Il n'est pas un buisson ardent. Ni un ange. Ni un Père Noël pour les grandes personnes. Je peux être plus claire encore. Aux confins déchiquetés du sens, là où on a cessé de tout définir, on arrive au bord d'un vide mystérieux. Il est le contour de ce trou, Nazareth, et chacun d'entre nous est le preuve de Sa présence. [...] Ce vide est peut-être ce qui se trouve également au cœur de Satan.
 
 
 
Suzy Bess.
 


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