dimanche 20 mai 2018

PAL +2


Pile A Lire +2



"La rêverie est le dimanche de la pensée."
Henri-Frédéric Amiel

 
Bonjour les Nomades ! J'ai décidé de commencer mes *Pal +...* par des citations désormais. Nous verrons combien de temps je tiendrai avec cette résolution ! ;)

Cette semaine, j'ai reçu deux SP des éditions de l'Archipel, que je remercie vivement !

 


* Emily Brontë - Une Vie, de Denise Le Dantec.
Résumé: Un roman publié en 1847, Les Hauts de Hurlevent, fit sa renommée posthume. Emily Brontë n'avait pas trente ans. Elle ne semblait connaître du monde que les landes entourant le presbytère familial, ayant partagé sa vie entre les tâches domestiques et la rédaction de sagas juvéniles avec son frère Branwell et ses soeurs Anne et Charlotte. Ce livre unique fut longtemps le seul témoignage de son auteur, dont l'existence, croyait-on, n'avait pas connu d'évènement marquant. La réussite de sa soeur Charlotte, il est vrai, l'avait maintenue dans l'ombre. C'était oublier qu'Emily Brontë (1818-1848), loin d'être une enfant recluse et sauvage, était éprise de liberté. Très cultivée, parlant le français, elle fut une lectrice passionnée de Walter Scott, Lord Byron et Shelley. Sa compréhension précoce de la cruauté du monde lui permit d'écrire "sans doute le plus beau roman d'amour de tous les temps", selon Georges Bataille. Evoquant les drames de sa vie et ses révoltes, son courage moral et intellectuel, mais aussi son exubérance et sa force de caractère, Denise Le Dantec retrace l'existence singulière d'une femme qui ne put jamais rompre avec son enfance et conduisit sa vie comme un destin: celui d'écrire sans se soucier de devenir écrivain.

Je suis une grande admiratrice des soeurs Brontë. Possédant plusieurs éditions des "Hauts de Hurlevent", la parution de cette biographie a forcément attirée ma curiosité. Je suis ravie d'avoir l'occasion de la lire !

*****
 
* Le Cheval de Troie, de Colleen McCullough.
Résumé: Priam, roi de Troie, refuse de donner à Hercule la récompense promise pour avoir tué le lion qui dévorait ses chevaux. Pâris, son fils, enlève la belle Hélène, l'épouse du roi Ménélas. Ces deux affronts, que seul le sang peut laver, sonnent le début d'une guerre entre Grecs et Troyens qui durera dix ans. Mais c'est compter sans "Ulysse aux Mille Ruses" qui imagine le stratagème du cheval de bois permettant d'introduire toute une armée dans la Cité... Avec la rigueur d'une historienne et la passion d'une romancière, Colleen McCullough dépeint les tourments des humains manipulés par les Dieux, les combats et les amours contrariées des héros de L'Iliade. Soldat et roi, princesse et servante, demi-dieu et monstre mythique, tous prennent la parole tour à tour pour raconter leur guerre de Troie - ce qui confère à ce récit une vivacité et une modernité saisissantes.

L'histoire de la guerre de Troie me passionne depuis que je l'ai étudiée à l'école, c'est donc une longue histoire d'amour, si je puis dire... ^^ J'ai hâte de découvrir ce qu'en a fait Colleen McCullough.



Et vous, du nouveau ?

Bonne fin de journée à toutes et à tous !



Suzy Bess.

   

vendredi 18 mai 2018

Un Jour


Un Jour
Titre original: "One Day"
Auteur: David Nicholls
Editeur: Editions 10/18
Traduit de l'anglais par: Karine Reignier
Nombre de pages: 624

* Quatrième de Couverture *

15 Juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence.
Un conte des temps modernes où la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier.
 
* Mon Avis *

Dramatique, ce roman singulièrement poignant est déstabilisant et émouvant.

Emma et Dexter se rencontrent le soir de leur remise de diplôme, au moment où leur vie d'adulte leur ouvre les bras, où les possibilités d'avenir sont les plus vastes et ne demandent qu'à être concrétisées. Ce 15 Juillet 1988 est aussi le jour où le destin va curieusement les séparer. Passant la nuit ensemble sans aller plus loin qu'un flirt passionné, les deux jeunes gens vont devenir des amis très proches et se retrouver année après année entre les pérégrinations de leur vie. Se cherchant dans leur travail, leur vie privée, dans le regard et la pensée de l'autre, ils vont vivre leur amitié - la supporter même parfois - sans oser s'avouer leur amour. Près d'une vingtaine d'années vont s'écouler avec ce besoin qu'auront Emma et Dexter l'un de l'autre, et cette satisfaction et cette frustration d'être là l'un pour l'autre les accompagneront dans les meilleurs comme dans les pires moments.

Quelle difficulté de parler de ce roman ! J'ai contemplé ma chronique pendant une demi-heure en me demandant comment j'allais pouvoir y décrire mon ressenti... et après l'avoir terminée (vous comprenez donc que j'ajoute cette phrase post-écriture), je me suis demandée - pendant plusieurs jours - si j'étais vraiment certaine de mes mots. Ce qui est certain, c'est que cette histoire est belle. Terriblement, tristement, cruellement belle. Je connaissais les romans historiques dits "torturés" - "Les Hauts de Hurle-Vent" en est l'un des plus bel exemple, "Tess d'Urberville" aussi... -, "Un Jour" est ce que j'appellerais la "version contemporaine du genre torturé".
Cette histoire est une non-romance, une histoire d'amour qui ne se vit pas (ou trop peu) - je ne sais s'il existe un terme spécifique... - et c'est là toute la beauté de l'oeuvre: le romantisme est sous-jacent, il n'est pas présent dans ce que nous lisons mais dans ce que nous imaginons. En effet, grâce à sa superbe construction - chaque chapitre est le 15 Juillet d'une année différente -, David Nicholls frustre le lecteur, volontairement, en détaillant une journée en particulier mais en résumant tout ce qui a pu se passer durant l'année écoulée; on est parfois surpris, souvent déçus et c'est là, à cet instant précis, lorsque la déception pointe, que l'on se dit: "Et si... ? Et si tel évènement s'était déroulé autrement ? Et si telle personne avait osé prononcer tels mots ?". La romance entre Emma et Dexter se déroule donc d'une manière absolument sublime... dans notre imagination. Mais sur le papier, dans les lignes de l'auteur, c'est plutôt le chaos.
J'ai eu bien du mal à rentrer dans cette histoire: les cent premières pages m'ont profondément ennuyée, le reste est particulièrement déprimant, mais il y a des instants fugaces dans le récit qui m'ont captivée et émue. On m'a conseillé de m'accrocher, et oui, il le faut ! Car même si ce que l'on ressent durant notre lecture n'est pas toujours agréable, une certaine puissance ressort de cette histoire.
Je ne parlerai pas de réel attachement envers les héros mais, à un moment du récit j'ai compris que j'avais fini par éprouver de l'intérêt pour eux, pour ce qu'ils vivaient ou ne vivaient pas, ce qui fait que j'ai terminé ma lecture bien plus vite que je ne m'y attendais.

Dans le roman, Emma souhaite écrire un grand livre sur la vie; je crois que c'est ce que David Nicholls a voulu faire ici, et je crois qu'il a réussi. A notre époque, on parle fréquemment des chefs-d'oeuvre de la littérature, terme couramment utilisé pour désigner d'anciens écrits, nettement moins ceux des dernières années... et en quelles circonstances, d'ailleurs, une personne peut-elle se permettre de tant honorer un récit ? Je ne saurais répondre, mais vu que je le pense sincèrement, je vais oser affirmer la chose suivante: ce roman est un chef-d'oeuvre ! Il est du genre de ces "Madame Bovary", "Bel-Ami" et autres récits gravés aujourd'hui dans la mémoire collective; du genre a être étudié dans les salles de classe dans une centaine d'années. Je n'ai pas un avis catégorique concernant cette lecture, je n'ai pas tout apprécié et il n'est ni tout blanc ni tout noir, mais je lui reconnais une force indéniable, d'un tragique éblouissant, je suis heureuse de l'avoir lu et recommande sa lecture qui s'avère très intéressante à analyser.

* Parlons Couverture *

La couverture de cette édition 10/18 représente l'affiche du film, qui est très jolie mais peut se révéler tout autant trompeuse. En effet, qui ne penserait pas en la voyant que l'on a affaire à une comédie romantique ? Ce côté sentimental ne correspond pas à l'histoire et je n'ai compris l'action représentée qu'en toute fin de lecture. Pas le meilleur choix, donc, mais cette image est tout de même si belle !



Citations:

* "La réalité ? Personnellement, je trouve ça très surfait."

* Il appartenait à cette catégorie d'hommes si séduisants qu'on remarque la forme des os qui courent sous leur peau, comme si même leur crâne était charmant.

* [...] ils étaient heureux de ne pas être trop heureux.



Suzy Bess.

  

mardi 8 mai 2018

Les Nouveaux Mystères d'Abyme, tome 1: La Cité Exsangue


Les Nouveaux Mystères d'Abyme,
tome 1: La Cité Exsangue
Auteur: Mathieu Gaborit
Editeur: Mnémos
Nombre de pages: 245

* Quatrième de Couverture *

Abyme, ville merveilleuse et baroque, est aussi l'unique cité des Royaumes Crépusculaires où les peuples mortels peuvent cohabiter avec les démons et leurs seigneurs infernaux... Jusqu'à aujourd'hui.
Après dix ans d'absence, Maspalio, farfadet flamboyant et ancien Prince-voleur de renom revient dans sa cité de coeur sur une énigmatique injonction de son ancienne amante Cyre. Mais dès son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Abyme a changé et souffre d'une mystérieuse affliction.
Aspiré dans un tourbillon de mésaventures, l'arrogant Maspalio devra se révéler d'une improbable humilité pour venir à bout des fléaux qui s'abattent sur lui et les siens...

Avec cette oeuvre située dans le même univers qu'Agone ou Abyme, titres comptant parmi les grands romans fondateurs de la fantasy française, Mathieu Gaborit nous emmène battre le pavé de cette cité fantasque, à la fois sublime et tragique. Dans cette course effrénée, on rencontre des personnages cabossés, on virevolte de toit en toit, on échappe à la milice, on laisse des cendres derrière soi. Une nouvelle fois, Mathieu Gaborit signe un récit exceptionnel, halluciné et semblable à aucun autre, où démesure rime avec aventure.
 
* Mon Avis *

Mathieu Gaborit nous passionne une nouvelle fois avec sa fantasy détaillée et captivante !

Après avoir reçu un appel à l'aide de Cyre, celle qu'il a aimé autrefois, le farfadet Maspalio quitte les abysses pour retourner à Abyme. Il est loin de se douter des changements opérés en ces lieux, la ville est transformée, pour son plus grand désespoir. Mais il est encore loin de ses peines; ce n'est pas Cyre qui l'accueille mais sa fille Mèche, qui lui apprend un véritable désastre. Entre protéger la lutine et partir à la recherche de jeunes orphelins éparpillés dans la cité et dûment traqués par les autorités, Maspalio va souffrir bien plus qu'il se l'imaginait et que son vieux corps ne peut supporter.

C'est un régal de retrouver la plume de l'auteur et cette histoire m'a captivée bien plus que je ne m'y attendais ! Ce récit s'adresse aux averti.e.s du genre qui connaissent déjà l'univers de Mathieu Gaborit - vous pouvez tenter sans l'avoir lu auparavant, mais je ne suis pas certaine que vous y comprendrez grand chose... On retrouve dans le premier tome de ce nouveau cycle Maspalio, héros du roman "Abyme", à qui l'on s'attache rapidement grâce à son caractère affirmé et son arrogance. Le farfadet va aller de malheurs en découvertes, connaître des positions inconfortables et la souffrance, et se voir opposé à plusieurs ennemis, dont l'un n'était censé être qu'une légende... tout ceci sous nos yeux fascinés par les descriptions toujours joliment détaillées des paysages, des personnages et des situations.
L'action et le rythme du récit ne s'essoufflent pas un instant, les péripéties se succèdent à chaque page et ces dernières défilent sans qu'on le remarque; il est difficile de lâcher ce livre une fois commencé !

Ce premier tome augure une suite trépidante que j'ai vraiment hâte de suivre !
 
* Parlons Couverture *

Abyme... superbement représentée par Daniel Balage, directeur artistique chez Fauns. Magnifique couverture, j'adore !



Citation:

* "Mère disait que le danger est une chance, murmura-t-elle d'une voix grave. Une chance de revenir à soi. Que l'on ne risque que le bien en prenant des risques."



Suzy Bess.

     

lundi 7 mai 2018

La Nouvelle Vie de Kate Reddy


La Nouvelle Vie de Kate Reddy
Titre original: "How Hard Can It Be ?"
Auteure: Allison Pearson
Editeur: Le Cherche-Midi
Traduit de l'anglais par: Julie Sibony
Nombre de pages: 592

Je remercie Babelio et le Cherche-Midi éditeur pour cette lecture,
lue dans le cadre d'une Masse Critique. 

* Quatrième de Couverture *

Kate Reddy compte les quelques semaines qui la séparent de la cinquantaine avec effroi. Si on ajoute à cette angoisse les hormones qui s'agitent, des ados qui ont besoin d'elle mais qui ne lui adressent pas la parole, des parents qui vieillissent et redeviennent des enfants, un mari qui se cherche et a décidé de s'offrir un break pour se consacrer à la méditation... Kate se trouve prise dans un sandwich qu'elle ne peut même pas avaler à cause des calories ! Tout cela sans compter son retour dans le monde du travail, où la cinquantaine est un tabou...
Juste au moment où elle commence à prendre ses marques dans son nouveau job, son ancien amant, Jack, réapparaît: les choses se compliquent, et c'est peu dire.

Allison Pearson écrit sur le challenge d'être parent à l'ère des réseaux sociaux, sur l'évolution du couple après des années de mariage, sur la difficulté pour une femme de reprendre le travail après une longue pose, sur la lutte permanente pour "rester dans le coup" malgré tout, et sur toutes les questions que se posent les femmes en vieillissant. Bien plus qu'un numéro d'équilibriste; il s'agit de réussir à se retrouver et à savoir de quoi on a besoin pour se sentir vivant(e) quand on s'est habitué(e) à être soi-même sa dernière priorité.

Avec ce roman hilarant, au rythme trépidant et à l'humour féroce, Allison Pearson nous démontre qu'il y a un peu de Kate Reddy en chacun(e) d'entre nous.
 
* Mon Avis *

Tout en humour sarcastique, ce roman qui mitigera sans aucun doute les lecteurs/lectrices, est tout de même sympathique.

Dans quelques mois, Kate va fêter ses cinquante ans, un cap dont elle ne veut absolument pas entendre parler; sa ménopause lui donne déjà bien assez l'impression constante de vieillir, entre ses pertes de mémoire, ses nerfs mis à vif, sa baisse de libido et ce poids qu'elle n'arrive pas à perdre... Kate doit aussi jongler avec:
1) son mari égoïste qui exerce le cyclisme à longueur de journée (en achetant, si possible, l'équipement pour son activité à un prix exorbitant) et a quitté son travail pour suivre une formation dont sa femme ne comprend ni les tenants ni les aboutissants...
2) deux adolescents, dont la première cherche sa place dans le monde et est prête à tout (y compris poster une photo de son fessier sur internet) pour entrer dans le groupe des populaires, et dont le second, immature, n'est encore que trop l'enfant gâté qu'il a été et profite allègrement du compte en banque de sa maman...
3) un chien, dont il faut bien s'occuper...
4) une mère et des beaux-parents avec des soucis de santé...
5) une soeur qui lui en veut constamment...
6) la recherche d'un emploi pour subvenir aux besoins du petit monde mentionné ci-dessus, et un job pour lequel elle va devoir mentir sur son âge...
7) Ah, et Jack aussi ! ce bel américain dont Kate est tombée amoureuse il y a de nombreuses années, à qui elle avait renoncé, et qui cherche à reprendre contact avec elle.
La vie de Kate Reddy est donc bien rythmée, et le jour où elle pourra pleinement penser à elle - et à elle seule - est encore lointain.

Kate Reddy, c'est un premier roman, "Je Ne Sais Pas Comment Elle Fait", ayant eu droit à une adaptation à l'écran dont Sarah Jessica Parker campait le rôle principal. Mais rassurez-vous, "La Nouvelle Vie de Kate Reddy" peut tout-à-fait être lu indépendamment de son lointain prédécesseur (sorti en 2002), et m'a même donné envie de découvrir les premières aventures de l'héroïne.
Le style narratif de ce roman n'est pas sans rappeler celui du "Journal de Bridget Jones", j'ai beaucoup aimé ce mélange d'humour, de sarcasme et de désespoir face à la vie - même si le pessimisme poussé durant une bonne partie du récit m'a parfois un peu pesé. Et voilà à quoi ressemble globalement mon ressenti sur cette lecture: mitigé ! Il y a eu de nombreux points qui m'ont déplu, et pourtant j'ai bien apprécié le rendu de cette histoire.

Kate est une femme attachante, même si je ne ferais pas les mêmes choix qu'elle et n'ai pas toujours compris son comportement. Totalement surmenée, à faire mille choses à la fois, elle en oublie de penser à elle et se retrouve en position de vivre pour les autres; on a à la fois envie de la plaindre et la secouer par les épaules pour qu'elle réagisse. Tellement prise par ses obligations, elle renonce facilement au lieu de continuer à lutter, et laisse faire au lieu de s'imposer. Aucun reproche fait à son mari, par exemple, qui en mériterait pourtant un grand nombre; des enfants irrespectueux qu'elle continue de gâter parce qu'il serait tellement dommage de les froisser (!); une fête qui dégénère sans que rien ne soit fait pour la stopper... Certaines situations m'ont particulièrement agacées, mais le pire est que tout cela représente une vérité pourtant tout à fait actuelle: certaines personnes, au bout de quelques années dans leur vie, arrête tout simplement de faire des efforts qui n'aboutissent pas.

La ménopause, sujet parfois traité mais rarement clairement nommé, est ici disséquée dans ses moindres détails, et j'ai vraiment bien apprécié cette manière de dire les choses. Pourquoi les taire, d'ailleurs ? Pourquoi laisser dans l'ombre certains faits inévitables de la vie ? Arrêtons un peu l'hypocrisie et suivons donc Allison Pearson avec ce roman où une bonne dose de féminisme est indubitablement présente. Sont aussi visés au court de ce pamphlet: la vision de la société envers les travailleurs d'un certain âge, les réseaux sociaux, les phénomènes de mode, et l'éducation des enfants au coeur d'un tel environnement en mutation. Seul point sur lequel je n'ai pas été d'accord: les critiques acerbes de l'héroïne envers tout ce qui a trait au végétarisme/véganisme, qui tournent très vite à l'irrespect.

Ce roman se laisse facilement lire et, malgré qu'il y ait un public visé (les femmes à partir de 35 ans environ, les mères de famille, la compilation des deux), il est aisé de s'identifier aux personnages en fonction des situations. J'ai, à de nombreuses reprises, levé les yeux au ciel ou poussé des soupirs exaspérés, mais le fait est qu'on trouve des excuses valables à Kate qui ne sait plus comment gérer sa vie, que ce roman parle justement de la vie dans ses grandes lignes et qu'il en est donc forcément intéressant.
 
* Parlons Couverture *

J'aime beaucoup cette couverture de Jeanne Mutrel: ses couleurs vives attirantes, le gâteau qu'elle représente et qui figure aussi le poids de la vie de l'héroïne qui le porte à bout de bras. Et sa texture aussi ! La couverture de ce roman a une texture différente ce que l'on croise habituellement, je ne sais pas s'il s'agit d'une particularité de la maison d'édition ou pas, mais j'aime beaucoup.



Citations:

* Les immunologistes se régaleraient à étudier la diffusion virale des photos compromettantes sur les réseaux sociaux. Je suis prête à parier que la grippe espagnole et le virus Ebola combinés n'atteindraient pas la vitesse de propagation de l'humiliation photographique sur le net.

* A un moment imperceptible, un jour comme n'importe quel autre, l'équilibre bascule et c'est au tour de l'enfant de rassurer ses parents.

* Depuis qu'il fait sa crise existentielle, mon mari a commencé à s'abonner à des magazines progressistes de gauche et à employer à tout bout de champ des mots comme "irresponsable" ou "les questions liées à". Au lieu de parler de pauvreté, il parle des "questions liées aux classes défavorisées". Je ne sais pas pourquoi plus personne ne dit "problème", si ce n'est que les problèmes attendent une solution et qu'il n'y en a pas, alors que les "questions" ont l'air importantes mais n'exigent pas de solutions.

* Je n'ai jamais aimé ce préjugé paresseux qui prête aux femmes des préoccupations et des opinions communes, comme si nous étions une sorte de minorité en voie d'extinction.

* Il faudrait vraiment qu'elle ait davantage confiance en elle, mais les filles comme Emily se mettent la barre tellement haut qu'elles ne se sentent jamais au niveau. Qu'est-ce qu'elle m'a dit, l'autre jour, déjà ? "Je ne suis ni la plus intelligente ni la plus jolie. Je ne suis la plus rien." C'est la maladie du siècle. J'aimerais pouvoir remuer le bout du nez, comme Samantha dans Ma Sorcière Bien-Aimée, et lui faire prendre conscience du peu d'importance qu'auront d'ici à quelques années la plupart des choses qui la préoccupent aujourd'hui. Hélas, s'il y a un cadeau qu'on ne peut offrir à ses enfants, c'est la perspective.



Suzy Bess.

 
  

dimanche 6 mai 2018

PAL +1


Pile A Lire +1



Que je suis sage...

...cette semaine, seulement une entrée dans la pal !

SP

* Les Nouveaux Mystères d'Abyme, tome 1: La Cité Exsangue, de Mathieu Gaborit.
Résumé: Abyme, ville merveilleuse et baroque, est aussi l'unique cité des Royaumes crépusculaires où les peuples mortels peuvent cohabiter avec les démons et leurs seigneurs infernaux... Jusqu'à aujourd'hui. Après dix ans d'absence, Maspalio, farfadet flamboyant et ancien Prince-voleur de renom, revient dans sa cité de coeur sur une énigmatique injonction de son ancienne amante Cyre. Mais dès son arrivée, rien ne se passe comme prévu... Abyme a changé et souffre d'une mystérieuse affliction. Aspiré dans un tourbillon de mésaventures, l'arrogant Maspalio devra se révéler d'une improbable humilité pour venir à bout des fléaux qui s'abattent sur lui et les siens...

J'ai reçu ce livre grâce à une Masse Critique privilégiée de Babelio. Je les remercie donc, ainsi que les éditions Mnémos, pour cet envoi. Je garde un bon souvenir de ma découverte des "Crépusculaires", de l'auteur, j'avais donc hâte de découvrir ce nouveau roman qui reste dans le même univers et... oui, je l'ai lu ce week-end ! Mon avis (très enthousiaste) arrivera donc très prochainement sur le blog.



Suzy Bess.

  

mardi 1 mai 2018

Bilan Avril 2018


Bilan du mois d'Avril 2018



Joyeuse fête du travail à toutes et à tous !

En ce premier jour férié du mois, voici le bilan de mes lectures. Et ce sont 8 livres lus ce mois-ci !

* Mes Lectures *

* Les Affinités, de Robert Charles Wilson.
 Une idée intéressante est développée dans ce roman d'anticipation. Je n'ai pas été éblouie, mais j'ai apprécié le contenu et le potentiel.

* Impératrice de Chine, de Pearl Buck.
 Superbe roman historique sur ce que fut la vie de Tseu-hi, impératrice de Chine. La politique et la culture sont détaillées.

* Dead Zone, de Stephen King.
 Captivant, ce roman m'a beaucoup plu. J'en aurai facilement redemandé plus !

* Tess d'Urberville, de Thomas Hardy.
 Tirage de ma Book Jar du mois de mars, j'ai trouvé ce roman passionnant. La plume de Thomas Hardy m'a charmée.

* Daringham Hall, tome 2: Le Secret, de Kathryn Taylor.
Un second tome plus captivant que le premier, j'ai adoré ! Une suite pleine de réponses et qui donne envie de lire le dernier tome.

* Je Peux Très Bien me Passer de Toi, de Marie Vareille.
! Coup de Coeur ! Que je suis heureuse d'avoir enfin lu Marie Vareille ! J'ai adoré ce roman, en tous points, les héroïnes sont tellement attachantes !

* Chloé, Constance et Jane Austen, de Marie Vareille.
Petit préquel du roman coup de coeur ci-dessus, je ne l'ai pas trouvé indispensable mais tout de même bien sympathique.

* Contact du Ravisseur, de Raphaël Guillard.
Cette nouvelle ne m'a pas totalement séduite, mais son sujet est très intéressant.

* Evolution de ma Pile A Lire *

10 livres reçus... Ca fait encore beaucoup, et je ne m'en plaindrai pas ! ^^ Avec mes 08 lectures du mois, la pal a donc encore un peu augmenté - de deux titres, ce n'est pas non plus terrible.

Achats: "Rebecca Kean, tome 1: Traquée", de Cassandra O'Donnell; "Rebecca", de Daphné du Maurier; "Le Passage", de Justin Cronin.

Prêt: "Charlie", de Stephen King, prêté par Music is so Nice.

SP: "Daringham Hall, tome 2: Le Secret", de Kathryn Taylor, envoyé par les éditions de l'Archipel et lu dans le mois; "Contact du Ravisseur", de Raphaël Guillard, envoyé par l'auteur et lu dans le mois.

Masse Critique Babelio: "La Nouvelle Vie de Kate Reddy", d'Allison Pearson, envoyé par Le Cherche-midi et en cours de lecture.
 

Gain Concours: "Les Croz, tome 2: Le Collier Ensorcelé", de Linda Saint-Jalmes, remporté sur la page Fb de l'auteure.

Epubs gratuits: "Une Vie Après l'Autre", de Larème Debbah, offert par l'auteure. "Chloé, Constance et Jane Austen", de Marie Vareille, disponible gratuitement sur les plateformes de vente.
 
* Quoi d'Autre ? *

J'ai reçu un superbe collier (non ensorcelé) de Linda Saint-Jalmes, en plus de son epub.
Ai commencé un nouveau carnet de chroniques (le 5ème depuis la création du blog), l'autre étant rempli.
Me suis mise à créer des mandalas, le résultat est tout à fait sympa.
Ai confectionné un gâteau d'anniversaire pour ma Chère Maman dont je ne suis pas peu fière (un layer cake chocolat fraises très semblable à la photo ci-dessous).
Vu les films suivants: "Ready Player One", une bombe !; "Le Fléau", une bonne adaptation; "La Femme au Tableau", émouvant; "Docteur Frankenstein", je ne sais pas quoi en penser...
Revu les films suivants: "Là-Haut", toujours superbe; "Orgueil et Préjugés", toujours superbe aussi; "Monstres & cie", dois-je vraiment me répéter une troisième fois ? ^^
Euh, sinon... je ne vois pas ce que je pourrais vous raconter d'autre. Voilà donc pour le mois d'avril ! ;)


La photo du mois:
Pendant la semaine estivale que nous avons eu, je me suis arrêtée au cours d'une balade à vélo matinale pour contempler ce spectacle. Magnifique, non ?



Bon mois de mai à toutes et à tous !
(et si vous voulez partager vos bilans ici, pas de soucis: j'adore aller voir les vôtres)



Suzy Bess.

  

Contact du Ravisseur


Contact du Ravisseur
Auteur: Raphaël Guillard
Editeur: Auto-édité
Nombre de pages: 21

Je remercie l'auteur pour cette lecture !

* Résumé *

25 Juin 1999, Saint-Raphaël, petite station balnéaire du Var proche de Fréjus: en fin de journée, Caroline Marin, 17 ans, a disparu mystérieusement suite à une balade dans la ville. Malgré de longues investigations, aucune trace de la jeune fille.
11 ans se sont écoulés et Catherine Marin, la mère de la disparue, décidera d'écrire un livre qui servira d'appel à témoins, en laissant son contact Facebook. Quelques jours plus tard, elle recevra une lettre de remords du ravisseur qui désire prendre contact.

Raphaël Guillard aborde un sujet très réaliste que les parents d'enfants disparus ont déjà pu vivre. Déroutante et dérangeante, déstabilisante, cette nouvelle psychologique décrit les instincts les plus pervers de l'être humain...
 
* Mon Avis *

Je n'ai pas beaucoup accroché à la plume de l'auteur, mais le sujet est très intéressant.

Caroline, la fille de Catherine Marin, disparaît en 1999 à l'âge de 17 ans. En 2010, sa mère publie un livre dans lequel elle témoigne de son désespoir et dévoile les éléments de l'enquête, portée par le souhait de déclencher un déclic chez des personnes ayant éventuellement pu croiser le chemin de la jeune disparue et pouvant, dans ce cas, apporter de nouvelles pistes. Elle ne s'attendait pas à recevoir un courrier d'un homme se disant le ravisseur involontaire de Caroline, individu qui commence à la manipuler...

Lors d'enlèvements, il arrive que les kidnappeurs contactent les familles de leurs victimes, pas seulement pour des demandes de rançons, mais afin de présenter des excuses ou d'expliquer leur comportement... voilà un fait terrible dont je n'avais pas connaissance. Dans de nombreux cas, il y a également ces personnes ignobles qui profitent de la détresse psychologique des parents pour les manipuler, chose dont je me doutais en revanche. Raphaël Guillard propose dans cette nouvelle de mélanger subtilement ces deux faits et d'y confronter une femme seule et désolée, en quête de réponses depuis plus de dix ans. Le désarroi de Catherine Marin est émouvant, et son comportement prêt-à-tout paraît logique en de telles circonstances, même si l'on peut penser que l'on agirait tout différemment si cela nous arrivait.
Comme je le dis plus haut, le style de l'auteur ne m'a pas vraiment convaincue, avec des changements de temps impromptus et une manière assez scolaire de dérouler l'intrigue; malgré tout, il parvient en peu de temps (cette nouvelle étant courte) à ancrer de l'espoir et une certaine angoisse en nous et à nous donner envie de découvrir la vérité.

C'est donc une lecture, dans le fond, intéressante.
 
* Parlons Couverture *

Bon choix de couverture, simple et efficace, montrant cette femme assise de dos. On imagine facilement le désespoir.



Suzy Bess.